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A Bamako depuis bientôt trois semaines, Saïd Gakhitan, aimerait devenir vendeur de téléphones et de petits appareils électroménagers. « Ici, je me sens en sécurité. J’ai juste besoin d’un peu d’argent pour démarrer et m’installer au centre commercial », raconte-t-il en espérant que l’Etat malien ou les organisations humanitaires pourront l’aider. Avant d’arriver à Bamako, il a transité par le camp de réfugiés de M’Bera, en Mauritanie.

« La crainte d’être tué dans les bombardements »

Safar est arrivé en 2011. Il ne parle toujours que quelques mots de français. Il était artisan à Damas. « J’ai assisté à la destruction de tous mes biens et à la mort de plusieurs de mes amis », témoigne l’homme de 34 ans, qui espère refaire sa vie ici. « Ma situation n’est pas une fatalité. Je préfère la galère ici à l’insécurité permanente que nous vivions à Damas. Vous savez, la crainte d’être tué dans les bombardements pèse beaucoup plus que celle d’un lendemain meilleur. »

Non loin de là, toujours au centre-ville de Bamako, une dizaine de migrants se sont regroupés pour louer un appartement. Ils sont en contact avec le HCR, et c’est grâce à son entremise que l’un d’entre eux (qui a requis l’anonymat) a réussi à obtenir son statut de réfugié. A la différence de ses compatriotes qui regardent vers l’Europe, il n’a pas l’intention de s’installer au Mali et pense déjà à son retour en Syrie.

Au nord du Mali, où la situation sécuritaire reste encore préoccupante, des sources concordantes locales parlent de l’arrivée récente d’individus se présentant comme des réfugiés syriens. Leur nombre est estimé à une petite centaine pour les villes de Gao et Tombouctou, dernières étapes avant le voyage vers l’Algérie, puis l’Europe. Mais, selon le HCR, le durcissement des contrôles à la frontière algérienne contraint de plus en plus les migrants à suspendre leur voyage.

 

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