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Dans un pays normal, l’organisation patronale ou à défaut, les ministres concernés sont censés organiser la visite de délégations étrangères. Mais en Mauritanie, c’est le président lui même et son conseiller spécial, l’ancien ministre du pétrole Zeidane Ould Hmeida, qui se chargent d’accueillir les patrons venus d’ailleurs.

Le « guichet unique »

Les Mauritaniens ont surnommé cette centralisation de toutes les négociations commerciales  » le guichet unique » de la Présidence. Comprenons que seul le président Mohamed Ould Abdelaziz est à même, hors de tout contrôle, de monnayer les autorisations d’investir dans un pays qu’il considère comme son bien privé. Et il ne s’en prive pas, comme le montre la lecture de la presse mauritanienne quotidiennement

Ainsi Mondafrique a mis la main sur l’invitation, datée du 15 janvier 2016, envoyée par le conseiller spécial du président Aziz à l’Aftp, l’Association française qui regroupe les patrons du secteur pétrolier comme Total, l’Institut Français du Pétrole et d’autres. Dans ce courrier à en tète du cabinet de la présidence mauritanienne, Zeidane Ould Hmeida, ministre du pétrole dans une autre vie sous la dictature du président Ould Taya,  invite les responsables français à se rendre en Mauritanie pour étudier « les prospectives de développement et d’investissement » dans le domaine des hydrocarbures.

L’odeur du pétrole

Plus inédit encore, c’est le président Aziz lui même qui a négocié la venue de la délégation française lorsqu’il était à Paris en décembre pour la COP 21. Apparemment les problèmes climatiques l’ont moins intéressé que les possibles accords avec des industriels français qu’il a rencontrés à cette occasion.

Il est vrai qu’un groupe comme Total se montre aujourd’hui très désireux de renforcer sa présence en Mauritanie où le secteur pétrolier et gazier est très prometteur. Mais les responsables français doit-il passer par « le guichet unique » de la Présidence mauritanienne? N’est ce pas le rôle du ministre de l’énergie ou du président du patronat de ce pays d’organiser des rencontres avec les partenaires étrangers? Enfin pourquoi les Français acceptent-ils de se plier à des  procédures inédites dans un pays qui passe pour peu transparent sur le plan économique et largement corrompu? « Les Occidentaux doivent comprendre, explique un haut fonctionnaire mauritanien, qu’ils ont une responsabilité morale quand ils facilitent chez nous des comportements peu transparents d’un pouvoir sans scrupules ».

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